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Baudelaire et Shakespeare

erschienen am 09.11.2007 in L'Express
von Denise de Ceuninck

Baudelaire et Shakespeare dans le texte et le geste L’art marionnettique est capable de tout. Même de s’approprier avec bonheur un poème de Baudelaire ou une tragédie de Shakespeare. Evoquer «Le spleen de Paris» de Charles Baudelaire, c’était, mercredi, au Temple allemand à La Chaux-de-Fonds, le propos du Figurentheater Wilde & Vogel, de Stuttgart. L’expressionnisme allemand sur un texte de Baudelaire? On s’apprêtait à frémir. Erreur. Michael Vogel ne fait pas le jeu des morceaux choisis. C’est à leur transposition scénique, à la conquête par le geste, à la lente transformation des mots que Vogel convie l’auditoire. Ce qui se fait jour, par la marionnette à fil, à tige, par le classique castelet, c’est la possibilité d’une approche totale d’un texte. On ne sait plus si Vogel est Baudelaire ou s’il joue, il y a tant de tripes dans son jeu qu’on en est subjugué. On suit l’émergence d’un esprit nouveau, de l’esthétique qui se dégage par saccades, sous l’impulsion de la musique d’époque ou improvisée de Charlotte Wilde. S’offre ainsi un appât pour stimuler le jeu et pour ramener le texte, dit par une voix d’enfant. (…)